En effet, aux Beaux-Arts de Lyon (1941-1950), il a comme professeurs, les excellents « Zinars », (1925) Jacques Laplace (l'homme de savoir), le « truculent et sévère » Venance Curnier et le « très délicieux et sensible » Henri Veilly. Il se lie d'amitiés avec d'autres talents naissants, surtout, André Cottavoz, Jacques Truphémus et Paul Philibert-Charrin, auquels se joignent James Bansac, Pierre Doye, Louis Sanner, André Lauran, Maurice Bonnet, Françoise Juvin, Pierre Coquet, Micheline Colin, groupe qui se nomme, en 48 et 50, les « Sansistes », (en hommage à la liberté du « nabi japonard » Pierre Bonnard). A cette époque, Jean Fusaro puise aussi dans les « modernes », que sont Bonnard, Chagall, Matisse, Dufy, Dunoyer de Seconsac, Soutine et aussi -moins connu- Jean Pougny, un « constructiviste » -compagnon du Malévitch effréné- qui en 1925, s'installe au cœur de Paris, pour revenir à une peinture figurative, « d'émotion » paysagée, avec ses « plages » gris colorées et ses personnages très atypiques, « allongés et biscornus ».
Fusaro entame une exceptionelle « tournée d'exposition internationales » (depuis la galerie des Jacobins, à Lyon, 1948-50). Ce seront -tout d'abord- la célèbre galerie Folklore, de Marcel Michaud (Lyon, 1951. 52. 54), puis s'enchaîne un cycle infernal ininterrompu, juqu'à la rencontre avec Taménaga, en 1971 (qui le propulse à Paris, mais aussi au Japon et aux USA. Entre temps, la galerie Saint-Georges à Lyon, l'expose régulièrement, avec le soutien de Denise Mermillon (Marius Mermillon, son père -critique d'art- était ami avec Bonnard, et avec Georges Besson). Dans les années 70, Fusaro divorce de sa première femme Hélène, qui lui a donné trois beaux enfants, Jean-Baptiste, Dominique et Eve. (Jean-Baptiste, mourra dans un terrible accident de la route, en 1991). Entre temps, il se lie d'amitiés, avec le critique d'art Bernard Gouttenoire. Ce dernier participe, au premier, gros livre écrit par Jean Carrère, en 1988, sur l'oeuvre, que Cécile (la seconde épouse de Fusaro) entreprend. Et c'est en 1990, au cours d'un séjour dans le Haut-Beaujolais, que germe l'idée de l'église décorée par Fusaro, dans l'esprit inventif, de celui qu'on nomme déjà « BG » et qui succèdera à Jean-Jacques Lerrant, dans les colonnes du Progrès. En 1993 sort le beau livre dans un emboitage carré, avec un gauffrage en couverture (catalogue de la rétrospective du château de Lacroix-Laval). La suite on la connait. Fusaro créera son chef-d'oeuvre en l'église de Saint-Jacques-des-arréts. En Juin 2010, sera inauguré cette œuvre colossale (19 peintures murales monumentales), par Monseigneur Philippe Barbarin et Michel Mercier, au nom du Département du Rhône (commanditaire de l'oeuvre). Le 30 novembre 2017, Jean Fusaro est fait « Chevalier des Arts et Lettres » par Christophe Guilloteau, à l'hôtel du Département. Dernièrement, Aida Mojallal (collaboratrice de Philippe Bettan) propose, à qui « possède une œuvre du peintre, ancienne ou récente » de l'intégrer au magnfique « catalogue raisonné » définitif, qu'elle prépare. Bernard Gouttenoire.